Au commencement d’une construction, il y a le trou de la serrure. En premier lieu, semble-t’il. Il est là comme déjà là. Mais c’est la somme des gestes des bâtisseurs qui l’installe. L’édifice se fera autour de lui. Inconsciemment, la construction sera dans son envers la définition de cet espace libre. J’ai oublié où j’ai lu cette remarque, mais je sais pourquoi elle revient à l’instant d’écrire sur les sculptures de Nicolas Sanhes. C’est qu’elles sont aussi des constructions indirectes qui secrètent un espace propre, au-delà leur matérialité formelle. Elles établissent dans l’espace indéfini un lieu qui, à l’instant où il se crée, donne l’illusion d’avoir toujours été là en attente de l’installation. La forme manifeste se double de la contreforme d’un lieu adhérent. Ce lieu fut d’abord plutôt intérieur, dérobé au regard, enserré dans le bois de ses Evidences closes. Puis il traversa la paroi de bois poncé, quand les Evidences se fragmentèrent un peu comme si cette intimité désirait se prolonger en atmosphère et déborder dans les parages de la matière. Il est aujourd’hui intérieur et à l’entour, quand la forme devient maillage métallique, quasi squelette de cet espace sculpté. Parfois un film plastique transparent enveloppe l’acier et distingue sans les dissocier les parts intérieure et extérieure de ce lieu.